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Alors mon roman devrait te plaire ! Il mêle le fantastique à l'amour, ainsi qu'à l'action et à la vie réelle.

ps : le trailer à été crée par moi grâce à des images d'autres films !

Résumé : Emma, une jeune fille introvertie, entre en seconde dans un nouveau lycée. Plus rapidement qu'elle ne le pensait, elle va se faire des amis, et peut-être même plus... Tout aurait pu être parfait, mais Emma et ses amis ne se doutent pas que leur lycée renferme un incroyable secret qui va les conduire dans des aventures que jamais ils n'auraient pu imaginer.


A propos de moi :
Je préfère rester anonyme je ne donnerai donc pas mon nom. J'ai seize ans et j'ai commencé à écrire à treize ans, mais c'est mon premier roman. Je ne suis pas écrivain professionnelle donc soyez indulgent. Vos conseils sont bien entendus les bienvenus mais commentaires débiles s'abstenir svp! Si ça ne vous plait pas il suffit juste de cliquer sur la petite croix rouge en haut à droite. Tu verras c'est facile ;)


Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11

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# Posté le dimanche 01 mars 2009 08:29

Modifié le samedi 28 novembre 2009 08:21

Chapitre 1 : Le début d'une nouvelle vie [...] lorsqu'il passa devant moi et que nos regards se croisèrent, je sentis un frisson envahir tout mon corps [...]

Chapitre 1 : Le début d’une nouvelle vie                                                                                                                                                                                                                                                 [...] lorsqu'il passa devant moi et que nos regards se croisèrent, je sentis un frisson envahir tout mon corps [...]
Il y a des jours avec... et des jours sans. Là c'était plutôt la deuxième proposition.
- Emma ! Dépêche-toi de préparer tes affaires !
Quand arrive le dernier jour des vacances, on se demande toujours où elles ont bien pu passer. Deux mois ça paraît énormément long, pourtant je ne les ai pas vues défiler.
Déjà que je n'aimais pas beaucoup le collège, mais alors le lycée! Je ne préférais pas y penser. En plus, on venait de déménager il y a tout juste un mois dans un trou perdu, une petite ville sans aucun intérêt.
Je ne pensais pas regretter mon collège, et la suite promettait d'etre pire. Et mes amies ? Je n'en avais pas, ça évitait de les perdre. J'avais toujours été d'un naturel très solitaire, je parlais peu. Les autres ne m'avaient jamais attirée, et je haïssais encore plus les garçons, ces idiots qui ne savent que courir après une balle. Les filles, je les supportais, tant qu'elles restaient à distance. Quand à ma famille, elle n'avais jamais été très proche avec moi. Mes parents s'étaient séparés lorsque j'avais un an, mon père s'était remarié, et j'avais cessé de le voir il y a deux ans.
Ma mère commençait à s'énerver car il était plus de vingt deux heures et je n'avais toujours pas préparé mon sac. La seule chose que j'aimais bien à la rentrée c'était d'avoir des affaires neuves. Je mis ma trousse dans mon la poche de devant, ainsi qu'un paquet de feuilles. Pas besoin de se charger dès le premier jour. J'avais assez souffert de douleurs dans le dos que m'avait infligé mon sac de dix kilos l'année précédente, torture qu'avaient enduré pendant des mois des centaines de collégiens.
Le lendemain, lorsque j'ouvris les yeux, j'eus l'impression que toute sensation m'avait quitté. L'anxiété, le stress, et surtout le dégoût de la veille avaient disparus. J'avais du me faire à l'idée qu'il fallait y passer et que je n'y échapperais pas.

Lorsque ma mère me déposa devant, je n'en croyais pas mes yeux. Jamais je n'aurais pu deviner que c'était un lycée. Déjà, le collège était immense, alors le lycée je m'attendais au pire ! Mais ce bâtiment minuscule et crasseux, caché par une haie et une barrière, ne donnait vraiment pas envie d'y rentrer.
J'avançais sur la route, même pas goudronnée, mais recouverte de graviers, qui y menait. A gauche, un parking rempli de voitures qui devaient surement être celles des professeurs, à droite, le collège qui paraissait tout aussi immense que celui que j'avais connu, mais il semblait à peine moins laid. On aurait dit qu'il avait été rénové récemment.
Je remarquai avec satisfaction qu'il n'y avait pas de terrain. Au moins les garçons cesseraient peut-être enfin leurs jeux débiles et éviteraient d'assommer les autres avec leur ballon. Ce serait un grand soulagement !
J'entendis un klaxon de voiture qui me fit sursauter. En effet je lui gênais le passage pour tourner et se garer sur le parking. C'était surement un professeur, j'espérais ne pas l'avoir, il m'aurait dans le collimateur dès le premier jour.
J'approchais enfin de la porte d'entrée. Je me rendis compte que c'était une double porte vitrée, mais je ne pris pas la peine de regarder l'intérieur avant d'y entrer pour de bon.
Je retins une exclamation, le hall d'entrée était immense, dans les tons roses, comme s'il avait été entièrement en marbre. Les dalles par terre, brillaient tellement elles avaient été récurées. Il y avait des grandes fenêtres un peu partout dans le hall et le long des couloirs, ce qui donnait au bâtiment une luminosité très bonne. On avait presque l'impression d'être toujours dehors.
Il y avait beaucoup d'élèves, mais le vaste hall laissait assez d'espace à chacun, si bien que je ne me sentis pas confinée, comme au collège où tous les élèves étaient entassés les uns sur les autres dans les couloirs sombres et étroits. Ici, je me sentais bien.
Une adolescente normale aurait regardé les autres élèves. Les filles, pour se comparer à elles, critiquer leur nouvelle tenue ou leur nouvelle coiffure, les garçons, pour repérer lequel paraissait le plus craquant et par conséquent leur cible de drague durant toute l'année.
Je traversais le hall et aperçus tout au fond, contre un poteau, un grand panneau d'affichage en bois sur lequel étaient notées les listes des classes. Je m'en approchai et cherchais juste mon nom. Pas la peine de regarder les noms de mes autres camarades de classe, puisque je n'en connaissais pas un seul.
Je vis qu'il y avait un banc contre le mur, et m'y assis en attendant l'appel. Je sus que ça allait commencer quand les profs arrivèrent avec chacun une feuille à la main, et que tous les élèves se rattroupèrent autour.
Ma classe fut une des dernières à être appelée et notre professeur principale nous emmena dans un couloir légèrement moins éclairé que les autres et nous fit entrer dans la dernière salle à gauche. Il y avait une fenêtre qui faisait toute la largeur du mur, et le décor entièrement naturel mis à part les ruines d'une maison, était magnifique. Personne n'avait du aller dans cet endroit depuis des années. L'herbe était aussi haute qu'une personne de petite taille, et les buissons, arbres et broussailles poussaient à leur guise. Les oiseaux voletaient d'arbres en arbres, ils avaient l'air heureux d'avoir un coin de nature au milieu du centre ville. Je m'assis seule à une table contre la fenêtre. Pendant les cours je pourrais passer le temps à contempler le paysage et à rêver.
La prof nous demanda de sortir une feuille, d'y inscrire notre prénom et de la poser sur notre table pour qu'elle puisse nous connaître plus rapidement. J'entendis une voix derrière moi.
- Tu n'aurais pas une feuille s'il te plait, j'ai oublié d'en prendre.
Je n'avais même pas remarqué qu'il y avait cette fille toute seule derrière moi. Elle était légèrement plus petite que moi, et avait de longs cheveux d'un noir de jai. Je lui donnais une feuille.
- Merci. Au fait, je m'appelle Justine et toi ?
- Emma. Ravie de te connaître.
J'aurais presque eu envie d'essayer de me lier d'amitié avec elle, mais je devrais au moins attendre la récréation, car la prof nous reprocha d'être trop bavardes dès le premier jour.
Il faut dire qu'on n'était pas les pires. En effet, il y avait dans la classe une sorte de troupeau de filles, qui ne cessaient de ricaner bêtement pendant que la prof parlait, et qui gloussaient dans les couloirs dès qu'elles croisaient un garçon.
A la récréation, l'une des filles du groupe, qui se nommait Charlotte, vint vers Justine et moi.
- Salut ! Moi c'est Charlotte *rire stupide* c'est trop cool qu'on soit dans la même classe. Vous venez avec nous dehors ?
- D'accord, répondit Justine avant que j'ai pu dire le moindre mot. Tu ne viens pas Emma ? Tu n'as pas envie de prendre l'air ?
- Euh non... ça ira. A tout à l'heure.
Bien sur que j'avais envie de prendre l'air, mais pas de supporter des andouilles pareilles. Leur but, bien entendu n'était pas de devenir amies avec nous, mais plutôt de casser l'amitié qui commençait entre Justine et moi. Et elle était tombée en plein dans le panneau.
J'errais donc dans les couloirs, et me décidai à aller visiter le premier étage. Il était totalement désert. Il avait l'air beaucoup plus récent que le rez-de-chaussée. Il avait du être construit bien plus tard. Le sol était recouvert de parquet tellement brillant et lisse qu'il fallait faire attention à ne pas tomber. Je découvris enfin qu'il y avait un coin, au dessus des escaliers, qui surplombait le rez-de-chaussée et où je pourrais tout observer sans être vue. Ce serait désormais mon coin, j'y passerais ses récréations, seule, à rêvasser.
Je regardai passer la bande de Charlotte, accompagnée de Justine qui semblait s'amuser avec ses nouvelles amies. Je soupirai et m'assis par terre, sur mon sac.
J'étais bien, tranquille, sans personne pour m'énerver, mais je m'ennuyais. Je pensais que ce serait une bonne idée d'apporter un livre le lendemain. J'adorais lire.
Encore une rentrée pas très réjouissante. De nouveau, je me retrouvais seule. J'avais espéré que cette année ça changerait. Ca aurait pu si Justine ne m'avait pas laissée.
Quelques minutes passèrent, puis j'entendis des pas, quelqu'un venait. Peut-être un professeur ? Est-ce que j'avais le droit d'être là au moins ? En tout cas, il n'y avait rien pour me cacher et je n'avais pas le temps de me sauver. Je pris appui sur ma main droite pour me relever et attrapait mon sac avec la gauche par reflexe. Mais avant de me retrouver debout, je me détendis, ce n'était qu'un élève. Dès l'instant où il entra dans mon champ de vision, je sentis qu'il n'était pas ordinaire. Je le regardais et sentit quelque chose d'étrange parcourir tout mon corps.
Il paraissait avoir à peu près la même taille que moi, avec les cheveux châtains mis-longs en bataille, des yeux verts foncés qui me fixèrent pendant quelques secondes lorsqu'il passa devant moi. Il avait quelque chose de mystérieux, d'effrayant même. Pourtant je n'arrivais pas à dire en quoi il était différent des autres.
Je me demandais pourquoi le fait de voir un garçon passer m'avait fait cet effet-là. Peut-être l'effet de surprise, où alors ce regard si foudroyant.
La journée passa assez rapidement. Je pensais toujours à ce drôle de garçon. Je ne savais pas pourquoi ça me tracassait autant. Je n'avais jamais vraiment été intéressée par les garçons. Du moins je n'en avais jamais trouvé à mon goûts. Pour la plupart, je les trouvais moches, et les quelques beaux que je voyais étaient soit idiots, soit déjà pris. C'est comme les places de parking, les meilleurs sont toujours occupés.

Le midi je rentrais manger chez moi, et l'après-midi je n'avais que deux heures à tenir car nous étions libérés à quinze heures. Comme je m'y étais attendu, en cours, Justine ne revint pas derrière moi, mais à côté de ses nouvelles amies qui semblaient s'amuser à semer la pagaille pendant les cours.
J'avais cru avoir une amie, je m'étais fait des illusions.
Je fus bien contente d'échapper à la récréation et de rentrer enfin chez moi. Cette première journée avait été très longue. Pourtant, le pire était à venir.
Le lendemain, les cours commencèrent, au grand désespoir de tous les élèves. Notre emploi du temps était pourtant moins chargé que ceux que j'avais pu avoir au collège.
Le mardi matin nous avions cours de sport, si bien que je me rendis au gymnase en arrivant, où attendaient déjà les autres de ma classe. Notre prof d'EPS apparut, c'était une femme d'une assez petite taille, un peu garçon manqué. Elle nous fit entrer dans une salle, dont le sol était recouvert de tapis pour la gym. J'imitai les autres qui délaçaient et retiraient leur chaussures, pour aller s'asseoir sur les tapis, face à la prof et au tableau.
Pour une fois, ce fut aussi ennuyeux qu'un cours de maths. La prof nous expliqua les règles de conduite, notre programme... Bien avant la récréation, nous avions terminé et la prof nous autorisa à sortir plus tôt. J'avais encore plus de temps libre que d'habitude, mais heureusement j'avais prévu de quoi m'occuper pour que le temps passe plus vite pendant la récréation. J'avais apporté un livre et je comptais aller m'installer au même endroit que la veille, au premier étage, je serais tranquille.
Mais en arrivant, je me rendis compte que la place était déjà prise. J'eus un sursaut en comprenant qui c'était. Je ne me trompais pas, c'était bien le garçon que j'avais vu la veille. Il ne me vit pas, je me cachais à l'angle du mur et l'observais. Il avait un baladeur dans les oreilles et semblait dans son monde. Par conséquent il ne m'avait pas entendu arriver. D'habitude, je serais partie immédiatement, pour trouver un autre endroit, mais bizarrement, j'éprouvais du plaisir à regarder ce garçon. Je ne savais pas trop pourquoi, mais quelque chose m'empêchait de partir. Je ne me reconnaissais plus.
J'entendis des pas derrière moi et me retournai brusquement. C'était Justine, elle était seule et me demanda :
- Qu'est-ce que tu fais ? Tu te caches ?
- Non... je cherchais le CDI.
- Il est au rez-de-chaussée.
- Ah... ok.
Je voulus lui dire merci mais les mots restèrent coincés dans ma gorge qui était encore serrée. Je n'avais toujours pas pardonné à Justine de m'avoir laissée tomber.
Le CDI du lycée ne ressemblait pas du tout à celui de mon ancien collège. Ce dernier était minuscule et rempli de dictionnaires ou de vieux ouvrages poussiéreux où il manquait la moitié des pages. Ici en revanche, il était beaucoup plus grand et il y avait des romans, des magazines réservés aux ados... Moi qui aimais la lecture, j'étais servie. Finalement, j'avais trouvé encore un meilleur endroit pour passer mes récréations. En plus les élèves étaient peu nombreux au CDI, rien d'étonnant, les ados n'aiment pas lire en général.
Il y avait également des ordinateurs, mais seulement réservés pour les recherches scolaires, ce qui n'intéressait quasiment personne.
En plus de la lecture, j'avais d'autres passions. La musique et le dessin. Je pensais à cette première et esquissais un sourire en pensant au baladeur que le garçon avait dans ses oreilles lorsque je l'avais vu.
Peut-être que lui aussi était passionné par la musique. Enfin... beaucoup de jeunes écoutaient de la musique sans vraiment en être passionnés.

Le lendemain, je ne pus m'empêcher de retourner le voir, cachée à l'angle du couloir. Je passais la moitié de la récréation à l'observer, puis j'allais au CDI jusqu'à la sonnerie.
Les cours du jeudi avaient l'air assez intéressants. Toute la matinée était réservée aux travaux pratiques, de SVT et de physique. Ca promettait d'être beaucoup moins ennuyeux que les cours magistraux.
La classe était divisée en deux groupes qui alternaient deux heures de physique, puis de SVT et vise versa.
Mon groupe commença par la physique, ou plutôt la chimie. Je descendis dans une partie du lycée que je ne connaissais pas. On rentra dans un laboratoire de chimie. Une dizaine de paillasses étaient alignées face au tableau, et tout au fond de la salle, une trentaine de blouses blanches, certaines tachées ou trouées, étaient accrochées à des portes manteaux contre le mur.
Le trou énorme dans ma blouse n'avait rien de très rassurant. J'allai m'asseoir sur un tabouret derrière une paillasse, regardant la feuille qui m'avait été distribuée et qui expliquait la manipulation.
Le but était de créer des huiles essentielles de lavande, par hydrodistillation. Le tout n'était pas si compliqué, il fallait simplement être extrêmement précis dans les dosages. C'était plutôt amusant de jouer les chimistes, tout le monde semblait bien s'amuser, et je fus rassurée quand la prof annonça qu'aucun des produits qu'on manipulait n'était dangereux.
A la fin du cours, j'étais pressée de voir ce que nous réservait le cours de SVT, mais je me rappelais soudain que c'était la récréation, et que j'avais donc une autre priorité.
Je montai les escaliers qui conduisaient au premier étage quatre à quatre, mais je me rendis compte qu'il y avait quelqu'un derrière moi. Je ne pourrais donc pas me cacher du garçon sans que ces personnes ne me voient. Comme si ça ne suffisait pas, les personnes qui me suivaient ricanaient et n'étaient autres que Charlotte et sa bande. Je fus étonnée de voir que Justine n'était pas avec elles.
Je me résolus donc à mes habitudes et allai directement au CDI. Elles ne m'y suivirent pas, à mon grand soulagement. La lecture, ça ne devait pas être leur tasse de thé.

Le vendredi matin, un message sur le panneau d'affichage m 'appris que les cours d'anglais se dérouleraient désormais dans une salle du premier étage. A ma grande satisfaction, le vendredi nous avions cours d'anglais juste avant la récréation. J'avais espoir de le voir en sortant, et au moins je ne serais soupçonnée de rien cette fois, puisque j'étais obligée de passer par là de toute façon.
Tandis que la prof parlait une autre langue qui me semblait plus incompréhensible que jamais, mon c½ur battait de plus en plus fort tandis que les minutes me séparant de la sonnerie filaient.
Lorsque le moment tant attendu arriva, je me levai de ma chaise la première (j'avais déjà rangé mes affaires depuis cinq minutes) et sortit de la salle. Il était bien là, dans le couloir, écoutant sa musique, mais cette fois il leva la tête et nos regards se croisèrent. Je fus secouée d'un frisson, mais ce ne fut pas désagréable.
Cependant, cet instant de bonheur fut de courte durée. J'entendis les autres élèves sortir à leur tour de la salle, sentit quelqu'un passer derrière moi, puis le poids de mon sac à dos diminuer, tandis que son contenu se renversait par terre dans un fracas assourdissant, sous les éclats de rire de toute la classe. Certains en rajoutèrent une couche en piétinant mes affaires.
Seul le garçon ne ria pas, il attendit que tout le monde fut parti, enleva son baladeur de ses oreilles et se leva. Il partait, pensais-je, accroupie en train de récupérer mes affaires étalées sur le sol. Il devait me trouver ridicules, le souffre-douleur des autres, incapable de me défendre. Mais il ne s'en alla pas et se baissa pour m'aider à ramasser mes affaires.
- M...merci... balbutiais-je
- De rien. C'est pas sympa ce qu'ils t'ont fait. Je m'appelle Julien et toi.
Je fus surpris de voir un garçon si jeune avoir une voix aussi grave et mélodieuse. Il me fixait et je me perdais dans l'émeraude de son regard.
- Emma, répondis-je
J'aurais tellement voulu parler plus, maintenant que la conversation était engagée, mais je ne savais quoi dire d'autre et lorsque le silence s'installa entre nous deux et que je me sentis rougir tel une tomate, je jugeais préférable de partir le plus rapidement possible, avant que cela ne tourne au ridicule, mais je le fis à contrec½ur, lui adressant un petit sourire discret avant de descendre les escaliers à la hâte, tenant mes livres à la main.
J'allais au CDI par habitude et pris une revue mais je ne la lisais pas. Je réparais mon sac déchiré avec des épingles. J'étais encore sous le choc. Il m'avait parlé, et m'avait aidé. L'écho de sa voix et son regard ancré dans le mien me faisaient encore frissonner. Je m'en voulais, j'avais été nulle, je n'avais rien osé lui dire, j'avais perdu une si bonne occasion.
Pourquoi étais-je si timide ? Lui, avait trouvé un moyen de me parler, il avait sauté sur l'occasion.
- Ca va ? Tu fais une drôle de tête.
Je sursautais. C'était Justine. Je la fixai d'un air étonné.
- Ah c'est toi ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Ben je venais lire un coup. Tu sais, c'est vraiment pas sympa ce qu'elles t'ont fait... je ne voulais pas...
- Pourtant c'est tes amies, tu dois être d'accord avec elles.
- Non après ce qu'elles t'ont fait ca ne sera plus jamais mes amies ! De toute façon ça faisait plusieurs jours que je les évitais. Je me suis rendue compte que c'était des très mauvaises fréquentations.
Je ne répondis pas tout de suite. Je ne la croyais pas. Je changeais de sujet.
- Mais tu es venue ici pour lire, ou parce que tu savais que tu allais me trouver ici ?
- Pour lire à la base. T'es pas obligée de me croire, si tu me soupçonne, mais j'adore la lecture. Ce CDI est génial, tu ne trouves pas.
Je marmonnais une réponse inaudible. Elle avait raison, je la soupçonnais. Qu'est-ce qui me disait que ce n'était pas un coup monté par la bande de Charlotte, qu'elles aient envoyé Justine pour me faire croire qu'elle voulait être de nouveau mon amie, et qu'en fait elles finiraient par me tendre un piège ?
Justine vit qu'il ne servait à rien d'insister, s'assit et prit un magazine. Aucune de nous ne décrocha un seul mot jusqu'à la sonnerie.
Le cours de travaux pratiques en SVT ne fut pas aussi intéressant que je l'espérais. En effet, on ne fit aucune manipulation, mais la prof annonça que nous en ferions dans l'année, dont trois dissections –souris, grenouille et c½ur d'agneau- ainsi que de nombreuses observations au microscope.
L'après-midi, Justine ne tenta pas jusqu'à s'asseoir à côté de moi en cours, mais reprit sa place habituelle de début d'année, juste derrière moi.

Le vendredi matin, dès que j'ouvris les yeux, je me sentais incroyablement fatiguée. Je n'étais plus habituée à me lever tôt.
Mais après une demi-heure de cours, je me rendis compte que ce n'était pas de la fatigue. A moitié écroulée sur ma table, je demandais à aller à l'infirmerie. L'année commençait bien... dès la première semaine !
L'infirmière me donna un cachet avec un verre d'eau et me proposa d'aller m'allonger dans un des lits de l'infirmerie.
- C'est une vraie épidémie, il y a déjà eu deux cas hier, j'ai du les renvoyer chez eux. Mais ils sont revenus ce matin, ils ont l'air en forme. Ca n'a pas l'air d'être une maladie bien méchante. très contagieuse par contre, il y a déjà eu un autre cas ce matin.
Elle entrouvrit la porte de l'infirmerie.
- Tiens d'ailleurs je crois qu'il dort. Ne fais pas trop de bruit pour ne pas le réveiller.
Je vis qu'effectivement un des lits était déjà occupé. Mais celui qui y était couché, s'était entièrement recouvert avec la couette, et était roulé en boule sur le côté. Il devait avoir de la fièvre pour avoir aussi froid. J'avoue que je devais en avoir aussi, je ne cessais de grelotter. Il me tardait également de me réchauffer dans un des lits bien chauds qui semblaient m'attendre à bras ouverts .
Mais la curiosité l'emportait sur mon confort personnel et dès que l'infirmière eut quitté la pièce, j'essayais de guetter qui se cachait sous la couette. La seule chose qui en dépassait était un écouteur. S'était-il endormi avec son baladeur sur les oreilles ? Ou bien faisait-il semblant de dormir. Cette allusion à la musique me fit penser à quelqu'un et je fus malgré tout surprise de le voir émerger de sous les couvertures, ses grands yeux verts me fixant.
- Toi aussi t'es malade ? L'infirmière a raison c'est une vraie épidémie !
- Oui mais à priori on n'est pas malade longtemps, c'est déjà ça.
- Oh tu sais ça ne m'aurait pas dérangé de louper les cours.
- C'est vrai.
Un silence s'installa, je me pris à sourire en repensant à quelque chose. Lui, sembla croire que je riais à retardement pour ce qu'il avait dit à propos des cours. Je n'étais pas longue à la détente à ce point-là, il dut l'admettre, et me demanda :
- Qu'est-ce qui te fais sourire ?
- C'est juste que... c'est un drôle de hasard qu'on se retrouve ici les deux en même temps.
- Le sort en a décidé ainsi, il faut croire. Le destin, qu'est-ce que tu veux !
- Oui, d'ailleurs je trouve que le destin nous permet de discuter très souvent depuis cette année.
- C'est seulement la deuxième fois...
- En deux jours, ajoutais-je. Ça ne parait peut-être pas énorme, mais pour quelqu'un qui ne parle quasiment jamais à personne, c'est différent.
- C'est vrai, je connais ça aussi.
A midi, à la sonnerie, nous sortions tous les deux de l'infirmerie. J'aimais tellement parler avec lui, mais je ne savais plus quoi dire car malgré tout on ne se connaissait pas beaucoup.
Je sentais sa présence à côté de moi lorsqu'il marchait. J'avais encore un peu le vertige à cause de la fièvre et j'avais peur de ne pas marcher droit et de lui foncer dedans. Ca aurait été ridicule, j'aurais été morte de honte.
Bientôt, je ne sentis plus sa présence à mes côtés. Il avait peut-être remarqué que je ne marchais pas droit et avait préféré s'éloigner par sécurité. Mais lorsque je regardais de tous les côtés, je ne le vis nulle part. Il avait disparu.


Les jours suivants Justine se trouvait toujours au CDI, mais ne tenta pas de me recauser une seule fois. C'était maintenant à moi de faire le premier pas, et je n'avais pas l'intention de le faire.
Je n'osais toujours pas retourner voir au premier étage, si Julien y était, de peur d'être à nouveau suivie.
Le risque qu'il me voie n'était pas totalement mis à part non plus. Maintenant qu'il m'avait parlé, cette probabilité me parut plus réelle qu'avant. Je me disais même que j'avais eu de la chance que ça n'arrive pas. Tant pis je me contentais de le voir le vendredi. A chaque fois, il levait les yeux quand je passais et esquissais un sourire très discret.
Malgré ce petit rayon de soleil qui venait éclairer ma vie une fois par semaine, je trouvais ma vie trop plate, monotone. Chaque jour me paraissait durer une semaine.
En passant je regardais ce qu'il y avait écrit sur le panneau d'affichage.

« Sont priés de rendre leurs livres en retard au CDI
... »
Je ne pris même pas la peine de lire. Je n'empruntais jamais les livres du CDI. Je les lisais sur place.

« DS commun de mathématiques
Mardi 15 septembre 2009
en salle LO1 »

Aïe ! je l'avais complètement oublié celui là ! De toute façon je n'avais rien compris au cours.

« Première répétition de la chorale lundi prochain
de 12h30 à 13h30
dans la salle de musique
tous les élèves peuvent s'inscrire, la chorale est ouverte à tout le monde ».

Et là, tous mes souvenirs me revinrent en tête. Toutes ces années où mon seul bonheur avait été la musique, de participer à cette chorale du collège. La seule chose qui avait réussi à éclaircir ma sombre vie pendant toutes ces années. Perdue, au milieu des cent cinquante autres choristes, personne ne se rendait jamais compte de ma présence, la prof ne connaissait même pas les élèves de sa chorale, elle les faisait chanter c'est tout. Moi ça me convenait.
J'étais de meilleure humeur de savoir que je pourrais à nouveau vivre ma passion cette année. J'espérais que cette chorale serait à la hauteur de celle que j'avais connue.
Le lundi suivant, je devais donc manger au self, pour pouvoir ensuite aller à la chorale. Ça ne m'enchantait guère.
La nourriture de collectivité était réputée pour être immangeable, et d'après les rumeurs que j'avais pu entendre dans les couloirs, ce lycée ne faisait pas exception.
Pourtant, en descendant au self qui était en sous-sol, je sentis une bonne odeur faire frémir mes narines. Je me faufilais dans la file d'attente du self. Je détestais être confiné, mais ça ne dura pas longtemps, et j'entendis deux garçons devant moi dire.
- Ah j'adore le lundi ! Le jour des frites ! C'est le seul jour de la semaine où c'est mangeable.
En effet, leurs frites n'étaient pas mauvaises. Et le self était immense. Il y avait à la fois le lycée, et le collège d'à côté. Ca faisait beaucoup de monde. Je ne regardais pas trop les collégiens qui, accumulaient batailles de nourriture, plateaux renversés et cris d'attardés. Tout cela me rappelait l'année passée. Je me tournais du côté lycéen, et vis avec un élan d'affection, des adolescents discutant calmement, sans faire aucun raffut, ou du moins était-il recouvert par celui des collégiens. Je tendis le cou en apercevant, sous une masse de cheveux châtains, Julien. Malheureusement, il disparut dans la foule qui sortait du self après voir fini de manger. Si seulement j'étais arrivée plus tôt. Mais je me sentais déjà mieux de l'avoir vu.
Il était déjà midi vingt, je me dépêchai de finir mon assiette, d'aller poser mon plateau et de quitter le self. Je ne connaissais pas bien les lieux et suivit un groupe de lycéens qui partaient par une petite porte. Celle-ci menait à des escaliers qui m'amenèrent dans le hall du lycée. Je mis un moment à comprendre où j'étais et comment j'y étais arrivée.
Maintenant il était question de trouver la salle de musique. Je commençais par fouiller le moindre recoin du rez-de-chaussée, en vain, puis j'attaquai le premier étage. Je fus surprise en passant dans le couloir de ne pas voir Julien. J'aurais pourtant parié tout ce que j'avais, qu'en plus de ses récréations, il passait également le temps de midi à écouter sa musique dans son coin favori. J'aurais pu également penser qu'il était externe si je ne l'avais pas vu au self quelques minutes auparavant.
Je redescendis au rez-de-chaussée, je ne savais plus où chercher lorsque j'entendis comme une musique douce, très lointaine. J'écoutais d'où elle venait, la suivait. Elle s'arrêta. Elle m'avait semblé venir du self, je redescendis, et arrivée devant la grande porte qui y menait, me rendit compte qu'il y avait une autre porte, minuscule, juste à côté. On aurait pu penser qu'il y avait un placard à balai derrière, pourtant lorsqu'après avoir toqué j'entrais, je découvris une immense salle décorée entièrement sur le thème de l'Afrique. Jamais je n'aurais pu imaginer que j'étais toujours au lycée. Il y avait des peintures à tous les murs, et dans tous les coins, des statues africaines représentants des hommes ou des girafes en bois.
Cependant il n'y avait personne. La musique avait cessé. Il n'y avait qu'une seule porte, tout au fond de la salle. Je m'y approchais et collait mon oreille contre. J'entendis des voix. Ça devait être là, je toquai et entrai. Il n'y avait qu'une vingtaine d'élèves. Tous les regards se tournèrent vers moi, comme je le déteste, mais personne ne fit très attention et avant même que j'ai eu le temps de m'asseoir, tout le monde avait déjà reporté son attention ailleurs. Au début, je pensais que c'était sur la prof de musique, qui avait l'air plutôt sympathique, et qui était en train de parler. A côté d'elle, il y avait du matériel tel des micros, une sono, et un piano. Quelqu'un était assis derrière et lorsque je le reconnus mon c½ur fit un bond. C'était lui, Julien ! Je n'osais pas y croire. Il ne me fit aucun signe, mais je me consolais en pensant qu'il avait surement tenté d'en faire lorsque j'étais entrée dans la salle, mais je ne m'étais pas rendu compte tout de suite de sa présence.
Là, il paraissait plutôt stressé. Il regardait de tous les côtés d'un air nerveux alors que d'habitude il fixait la personne -moi- sans ciller.
- Bon, alors Julien, tu nous montres ta chanson ? demanda la prof d'un air impatient.
- Ben ... je ne sais pas trop. Je suis enroué aujourd'hui, je ne sais pas si je vais pouvoir chanter.
- Mais si tu as très bien réussi, tout à l'heure je t'ai entendu chanter dans le couloir.
- Mais Madame j'ai pas l'habitude pour jouer au piano, je me sens trop bas sur ces chaises.
- Et bien prends-en des autres.
Il soupira, se leva, m'adressa un léger sourire, qui s'éteint aussitôt. Il ramassa trois ou quatre chaises qu'il empila et s'installa derrière le piano. Personne ne savait s'il fallait rire ou non et il y eut une gros blanc. La prof lui fit signe de commencer.
Déjà, il jouait comme un dieu. On aurait dit que c'était aussi facile que de respirer, que de nager pour un poisson, que de voler pour un oiseau. Puis il chanta, sa voix grave et mélodieuse, encore plus belle que quand il parlait, m'envoûta tout mon être. Une chose était sure, je garderais cet air harmonieux en tête durant des plusieurs jours !
Cette chorale ne ressemblait en rien à celle que j'avais connu. Dans celle-ci il y avait de nombreux solistes qui accompagnaient la chorale.
En sortant de la répétition qui passa trop vite à mon goût, Julien vint vers moi.
- Pas mal cette première répétition hein ?
- Oui c'était super, j'ai adoré.
- Je ne savais pas que tu aimais bien la musique ?
J'esquissai un sourire en guise de réponse.
- Moi, en tout cas, ajouta-t-il, c'est une passion pour moi. J'ai demandé à faire du piano à mes parents il y a un an.
- Ça fait seulement un an que tu fais du piano ? Et tu joues déjà aussi bien.
- Ben oui... c'est vrai que ça surprend pas mal de monde. Bon j'y vais-je vais être en retard en cours.
Je restais scotchée sur place. On aurait pu parler plus longtemps, s'il n'y avait pas eu ces idioties de cours ! En plus, tout comme Julien, j'étais en retard.
Mais je ne fis guère attention aux reproches de la prof de maths, ça me laissait totalement indifférente. Rien ne pouvait gâcher mon bonheur en cet instant.






Voici le premier chapitre
ce n'est pas super mais bon c'est la première fois que j'écris un roman
l'action et le fantastiques arriveront dans les chapitres suivants
j'aimerais que vous laissiez vos impressions,
si ça vous a plu, si vous avez des conseils à me donner
je vous demande 10 coms pour la suite
baa quoi il faut bien vous motiver ! ;)


# Posté le samedi 26 septembre 2009 11:47

Modifié le samedi 07 novembre 2009 08:02

Chapitre 2 : amour et jalousie[...] c'était comme si le monde venait de s'écrouler sous mes pieds [...]

Chapitre 2 :  amour et jalousie[...] c'était comme si le monde venait de s'écrouler sous mes pieds [...]




Après la répétition, ce lundi après-midi, je trouvais qu'il y avait quelque chose d'anormal dans la classe. Je me demandais si la bande de Charlotte ne préparait pas un coup en douce. Mais à priori, je devais me faire des idées. Non en fait c'était plutôt les garçons de la classe qui paraissaient bizarre.
Pendant le cours de français, ce jour-là, ils ne cessaient de chuchoter et à un moment ils éclatèrent tous de rire. Tous, sauf un.
Je me retournai pour découvrir l'origine de ce délire général. Tous les regards étaient tournés vers Maxime, celui qui ne rigolait pas. Ce dernier quand à lui, regardait dans ma direction, mais il baissa les yeux et rougit lorsque je me retournai.
La semaine passa, et le vendredi en sortant du cours d'anglais, j'avais hâte de revoir Julien. Mais à peine avais-je passé la porte, que quelqu'un m'attrapa le bras. C'était Maxime. Il me demanda l'heure, je lui fis remarquer que c'était la récréation et qu'il était donc dix heures et quart.
 - Ah oui, c'est vrai, répondit-il d'un air un peu absent.
Puis soudain, j'eus comme un élan, une soudaine envie de remballer ce garçon, de le traiter d'imbécile, de le ridiculiser devant toute la classe.
Mais ça ne me ressemblait pas. Pourquoi faire ça ? Je me retins donc, et continuai mon chemin, avant de me rendre compte que Julien était là. Il me fixait mais paraissait à la fois surpris et en colère. Je lui dis bonjour, et il se contenta de me fusiller du regard.
Je pensais tout d'abord qu'il était jaloux. Mais après tout il n'y avait pas vraiment de quoi. Maxime m'avait juste demandé l'heure, bon il avait sûrement autre chose derrière la tête, mais Julien avait bien du voir que je ne marchais pas dans le jeu de Maxime, que je n'étais pas intéressée ! Il devait se faire des idées, il fallait que j'aille lui parler.
Je ne le revis pas avant le lundi suivant, à la chorale, où il ne m'adressa toujours aucune parole. En sortant, il sortit le premier, à toute allure, mais il ne réussit pas à m'échapper car je lui bloquai le passage.
 - Qu'est-ce qui se passe ? Tu es jaloux de Maxime ?
 - Pourquoi ça ? Tu sors avec ? me demanda-t-il d'un ton sec.
 - Non pas du tout ! Mais vendredi...
 - Il t'a juste demandé l'heure.
 - Alors si ce n'est pas ça... Pourquoi me fais-tu la tête ?
 - Je te fais pas la tête... laisse tomber.
Je ne pus pas le retenir, il s'éloigna à grands pas.
C'était absurde d'avoir cru qu'il était jaloux, même si tout portait à y croire. Pourtant, il m'avait assuré le contraire et j'avais la quasi-certitude que s'il avait menti, je l'aurais su.
Il y avait deux solutions. La première, qu'il soit jaloux mais ne veuille pas l'avouer, la deuxième, qu'il y avait autre chose, un autre problème... mais quoi ?
Je comptais bien le découvrir, par n'importe quel moyen.

Je passais de nouveau tout mon temps libre au CDI. Justine était toujours fidèle au rendez-vous. Elle paraissait vraiment passionnée par la lecture. Sa présence m'intriguait et m'exaspérait à la fois. Je ne l'avais plus revue avec Charlotte depuis plusieurs semaines. Je dus me rendre à l'évidence, elle ne m'avait pas menti et je devais aller lui faire mes excuses. Elle en fut ravie.
Cette nouvelle me remonta un peu le moral, j'étais tellement occupée à m'amuser avec elle, que ce soit en cours ou à la récréation, que je pensais beaucoup moins à Julien. J'avais enfin une amie, rien ne pouvait gâcher cela, ou presque.
Ce matin là, lorsque j'arrivais au lycée, tout allait pour le mieux. Justine m'attendait dans le hall, une bonne journée semblait s'annoncer. On se dirigeait vers notre salle de cours, la sonnerie était toute proche, mais tout bascula.

Un événement plus qu'inattendu se produisit devant mes yeux. Julien, qui d'ordinaire se cachait, était présent au milieu d'un groupe d'élèves. Et pas n'importe quel groupe, celui de Charlotte, dont il tenait la main et les deux se regardaient passionnément.
Tout le monde sembla soudain s'écrouler sous mes pieds, j'eus l'impression qu'on me balançait dans le vide, que je tombais dans un gouffre sans fin, aspirée par les ténèbres. Je me demandais alors si ma vie n'avait pas été une suite d'évènements inintéressants qui n'avaient pour but que de m'amener à ce jour où ma vie devrait s'arrêter. Mais elle ne s'arrêta pas, j'en fus déçue. Rien d'autre que la mort ne m'attirait en cet instant. Je me demandais vaguement comment c'était possible que je n'ai pas un flingue dans ma poche.
Justine aussi paraissait surprise.
 -C'est étrange, en début d'année, Charlotte m'avait dit que Julien était un garçon infréquentable, qui ne parlait pas et qui était très étrange. Elle m'avait aussi dit que jamais elle ne pourrait sortir avec un garçon aussi peu populaire. Je n'y comprends rien.
 - Ne t'inquiète pas, Justine, moi j'ai bien compris... Charlotte t'a tout simplement menti, en fait son but depuis le début était de sortir avec... et elle a réussi.
Cette fois-ci même mon amitié avec Justine ne suffit pas à me consoler. J'avais perdu une partie de moi-même, une partie de mon c½ur. J'étais comme déchirée, et chaque seconde de mon existence était devenu une torture.
Je retins mes larmes tout au long de la journée, cachant mon chagrin. Mais lorsque je rentrais chez moi, le soir, je fus heureuse que ma mère ne soit pas encore rentrée du travail. Je pus donc balancer mon sac de cours à travers la pièce sans qu'on me le reproche, et sans me soucier des voisins je me mis à crier. Ce cri, venait du fond de mon âme déchirée, il était rempli de douleur. J'étais tellement énervée que je donnais un coup de poing contre le mur. J'avais mal, mais je m'en fichais. La douleur physique n'était rien comparée à ce que je ressentais.

J'allais toujours à la chorale, mais lui n'y venait plus. J'avais proposé à Justine de m'accompagner, mais elle m'avait avoué que la musique ne l'intéressait pas trop.
Les lieux me rappelaient tous ces moments passés avec lui dans cette salle. Le piano sans son pianiste derrière pour jouer devint à mes yeux un vulgaire objet sans importance. Nous étions une vingtaine plus la prof, mais je me sentais horriblement seule. C'est comme s'il n'y avait eu personne d'autre que moi dans cette salle. Les autres n'existaient pas.
Je me rendis compte à quel point c'était différent de ma solitude de début d'année.A l'époque, je ne fréquentais personne mais au moins je sentais la présence des gens autour de moi, là non.
La chorale sans Julien n'était plus rien pour moi.
Comme d'habitude à chaque fois que je sortais de la chorale, j'étais en retard en cours. Les couloirs étaient déserts. Je prenais mon temps, cinq ou dix minutes de retard, ça ne changeait pas grand-chose. Plus rien ne semblait m'atteindre, à part ce sentiment de solitude et d'abandon. Le reste n'existait plus.
En passant devant une salle de classe j'entendis des voix. La porte était entrouverte. Ma curiosité l'emporta, je me cachais derrière et regardai. Je n'y croyais pas mes yeux, c'était Julien et Charlotte. Mais ils ne paraissaient pas aussi proches que lorsqu'on les croisait enlacés dans les couloirs. Ils paraissaient même se disputer. Je tendis l'oreille.
-... marre ! Marre de jouer ce jeu, ça ne me ressemble pas, je ne me reconnais plus! Comment moi... je peux sortir avec un garçon tel que toi ?
 - C'est toi qui me l'a demandé je te rappelle.
 -Mais je ne comprends pas, dès que je suis loin de toi et que j'y pense je te haïs et je me haïs de faire une chose pareille, mais dès que je suis près de toi c'est comme si je ne pouvais faire autrement, c'est plus fort que moi.
 -Tu es peut-être tout simplement amoureuse.
 -Non ! Pas de toi ! Et même si l'envie est trop forte tans pis je résisterai, mais je ne veux plus jamais te revoir. En une semaine tu as déjà gâchée ma réputation dans tout le lycée. Tu te rends compte qu'on a fait la couverture du journal du lycée. J'en ai honte ! Je me demande ce qui m'est passé par la tête.
 -Ou plutôt QUI t'es passé par la tête.
 - Tais-toi, je ne comprends rien à ce que tu dis ! Tu dis n'importe quoi, tu n'es qu'un petit imbécile!
Et elle partit en claquant la porte. Elle ne se rendit même pas compte que j'étais dans le couloir et que j'avais par conséquent tout entendu. Par contre, Julien, poussa une exclamation lorsqu'il se rendit compte de ma présence.
 -Que fais-tu là ?
 -Je revenais de la chorale.
 -Tu as tout entendu n'est-ce pas ?
 - Oui. Je pense que tu me dois des explications, cette histoire n'est pas très claire.
 - En effet elle n'est pas claire du tout, et elle n'est pas prête de le devenir.
Et il partit sans ajouter un mot. Je devais peut-être attendre un peu, il venait de se faire plaquer, c'était normal qu'il soit énervé. En même temps, il l'avait cherché, en sortant avec une idiote pareille. Si l'occasion se présentait, je ne manquerais pas de lui faire remarquer. Même si cela le blessait, tans pis. Lui ne s'était pas gêné pour me faire souffrir.
Pourtant les jours suivants, il ne sembla pas spécialement attristé de ne plus sortir avec Charlotte, il paraissait plutôt joyeux et était même de retour à la chorale.
J'aurais voulu à nouveau tenter ma chance en lui demandant des explications mais il me fuyait et ne m'adressait toujours pas la parole.
Je me résolus donc à comprendre quoi que ce soit avec ce garçon, et pensait à profiter pour une fois d'une vie calme, comme je l'aimais. Mais ce fut un peu raté.

C'était un jeudi matin. Il faisait beau et pourtant aucun lycéen ne discutait assis sur un banc dans la cour. Sur le parking, les voitures des professeurs avaient été rejointes par des voitures de police. Il se passait quelque chose d'anormal, j'en étais sure. J'entrai dans le hall, tout le monde était rassemblé au centre vers le panneau d'affichage, mais personne ne regardait ce qu'il y avait écrit dessus. Il y avait des murmures de tous les côtés, je me joignis au groupe et cherchai Justine.
 -Justine ! Qu'est-ce qui se passe ?
 - Deux élèves internes ont disparu cette nuit. Ils pensent à une fugue mais ça peut aussi être un enlèvement.
 -On les connais ?
 -Je ne sais pas... je...
Je vis soudain notre professeur principal, accompagnée d'un policier, en train de parler d'un air inquiet. Je ne me souciais pas de leur couper la parole.
 -Madame ! Savez-vous les noms des élèves qui ont été enlevés ?
 -Calme toi il s'agit d'une fugue d'après les policiers ! On va les retrouver. Je ne sais pas leur nom, mais il me semble que j'ai entendu les prénoms Théo et ... Julien ou quelque chose comme ça.
Le cri que je lâchai ne s'entendit même pas dans le brouhaha du hall. J'entendis une voix forte qui me semblait pourtant très lointaine, mais je me forçais à l'écoute malgré mon état de choc.
 -Tout le monde dehors ! Il n'y a rien à voir ! Les cours sont annulés aujourd'hui.
La masse d'élèves commençait à sortir, certains criant de joie d'échapper à une journée de cours, d'autres essayant de comprendre les évènements. Justine fut emportée par la foule. Elle me perdit de vue, et essaya de me retrouver, m'appelait. Je ne répondis pas.
La police accéléra le mouvement. Je ne savais que faire. Personne ne me regardait, je me fis toute petite, longeant le mur du couloir maintenant quasi-désert et me faufilant dans un couloir. J'étais hors de vue, le lycée était en train de se vider. Je profitai de cette chance. Je devais mener l'enquête. Il y avait peu de chance pour qu'il soit encore dans le lycée, mais je pouvais peut-être trouver des indices.
D'après ce que je savais, l'internat des garçons était au premier étage. Mais avant que je n'ai pu atteindre les escaliers, j'entendis des voix, quelqu'un arrivait.
Je me faufilais dans une salle de classe ouverte. Tapie derrière la porte j'entendais les voix se rapprocher. Et s'ils venaient ici ?
Je ne vis qu'une seule issue, l'armoire. Par chance, elle était assez grande pour que je puisse rentrer.. Je fis bien attention de ne pas fermer complètement la porte pour ne pas me retrouver enfermée, mais soudain les deux hommes rentrèrent dans la classe.
Je n'osais pas guetter depuis ma cachette pour voir qui étaient les deux hommes, je risquais de me faire prendre. J'écoutais en retenant ma respiration.
 -... Mr le directeur, que pensez-vous de cette histoire ?
 -Je ne sais que vous dire, Mr l'agent ! Que ce soit un enlèvement ou une fugue, il n'y a aucune trace d'infraction je ne comprends pas par où ils auraient pu sortir !
 - Mr le Directeur, permettez-moi de suggérer, qu'ils sont peut-être encore présents dans l'établissement.
 - Nous cherchons depuis 6h30 ce matin, nous avons inspecté chaque recoin de ce lycée, nous n'avons rien trouvé.
 - Il serait tout de même préférable que nous jetions un coup d'½il plus approfondi... je vais appeler du renfort, il nous faudra beaucoup d'hommes pour fouiller les environs.
Et ils sortirent en silence de la salle. Je recommençai à respirer, je n'en pouvais plus. J'allais enfin pouvoir sortir de cette armoire, qui n'était pas tellement confortable. Je voulus m'appuyer contre la paroi pour me redresser mais je sentis quelque chose qui bougea, quelque chose de vivant. Je retins un cri, je n'étais pas seule dans ce placard. A priori je venais de le réveiller, et je me dépêchai de sortir avant qu'il ne me voit, quand j'entendis :
 -...Gues'gui spasse ? Qui c'est ??
Je reconnus immédiatement sa voix, grave et mélodieuse, mais n'osa pas exprimer ma joie, un peu cachée par la surprise et l'appréhension.
 -Emma ? Mais qu'est-ce que tu foutais dans ce placard ?
 -C'est à toi que je devrais poser cette question !
 -Il s'est passé un truc étrange hier soir. Vers minuit, j'ai entendu un bruit dans le dortoir, j'ai regardé et le lit à côté de moi, était vide.
 -Qui était dans ce lit d'habitude ?
 -Un garçon nommé Théo. Je pensais qu'il s'était relevé en douce pour piquer à manger dans les cuisines et je voulais l'arrêter, il s'attire toujours des ennuis ce gars! Mais quand je suis sorti du dortoir, j'ai juste eu le temps de voir la silhouette d'une jeune fille, qui tenait un énorme sac et qui s'est faufilé dans cette salle de classe. Quand je suis entré à mon tour, la porte du placard bougeait encore. Je pensais qu'elle était cachée dedans, je suis rentré et la porte s'est refermée sur moi. On ne peut pas l'ouvrir de l'intérieur, j'ai du y passer la nuit.
 - Et il n'y avait personne d'autre dans le placard ?
 - Non c'est comme si elle s'était volatilisée !
 -Ne dis pas de bêtises c'est impossible ! Elle a du partir par la fenêtre où je ne sais où.
Julien ne semblait pas croire à ma version, pourtant plus plausible que la sienne!
 -Viens on va annoncer aux autres que tu es sain et sauf !
 -Et Théo alors ?
 -Ne t'inquiète pas, ils vont le retrouver, ils ont déjà commencé les recherches.
 -Tu n'as pas compris ? Il s'est fait enlever!
 -Tu penses que cette fille l'a emporté dans son sac ?
 -Il m'a semblé que ça bougeait à l'intérieur.
 -Mais tu penses qu'elle aurait eu la force de le porter ?
 -Il ne faut pas sous-estimer les filles, ajouta-t-il en esquissant un sourire.
J'avais vraiment du mal à y croire. Il me racontait sûrement une histoire à dormir debout pour cacher la vérité. Mais qu'avait-il à cacher ?
Enfin, au moins j'étais rassurée, il était sain et sauf, et en plus il me reparlait. Encore heureux, je l'avais quand même délivré de son armoire!
A peine sortis de la salle de cours, un policier arriva à l'angle du couloir. Il paraissait déjà énervé, mais il frôlait la crise de nerfs quand il nous aborda :
 -Eh ! Vous deux ! Qu'est-ce que vous faites ici ? Tout le lycée doit être évacué.
 -Monsieur le policier ! Je suis désolée, je n'ai pas pu sortir avec les autres tout à l'heure, mais j'ai retrouvé Julien ! Il était enfermé dans une armoire.
 -Ah ! Donc ce n'était pas une fugue ! Sais-tu où est l'autre garçon, Julien ?
 -Non, mais il me semble que lui a bien été enlevé.
Il raconta son histoire au policier mais ne précisa pas que sa kidnappeuse avait disparu dans l'armoire. Sage résolution, pensais-je. On l'aurait pris pour un fou, ou alors on aurait pensé que c'était une mauvaise blague.

Quasiment aucun lycéen n'était rentré chez lui. Tous attendaient dans la cour la suite des évènements. Les plus rapides occupaient les quelques bancs devant le batiment, mais la plupart étaient debout, en grande conversation. Certains paraissaient même pleurer. Il y eut des cris de joie, lorsque j'apparus accompagnée de Julien. Justine me sauta dans les bras et me dit qu'elle m'avait cherchée partout.
Julien racontait ce qu'il savait à deux ou trois curieux, et Justine me parlait mais je n'écoutait pas. Quelque chose venait de me traverser la tête.
 -Justine... est-ce que tu as vu Charlotte ce matin ?
 -Non... je ne crois pas pourquoi ?
 -C'est bizarre, non ?
 -Elle est peut-être malade ?
Je partis arracher Julien à ses admirateurs et admiratrices. Surtout des admiratrices d'ailleurs, qui le regardaient avec des yeux grands comme des balles de tennis, et remplis d'admiration.
 -... et à ce moment-là, je l'ai vue qui allait s'enfuir alors j'ai essayé de l'arrêter... Heey ! Qu'est-ce qu'il y a ?
 - Désolée de t'arracher à ton fan-club mais 'ai à te parler!
Je l'emmenais dans un coin derrière le lycée.
 - Écoute, je crois que j'ai une idée du... enfin de la coupable.
 - Vas-y je t'écoute.
 - Tu n'as pas remarqué que Charlotte est absente aujourd'hui ?
 - Oui et alors ? Tu ne penses quand même pas ...
 - Et pourquoi pas ? On sait que c'est une fille qui est dans le coup, et tu connais beaucoup de filles dans ce lycée, qui seraient capables de faire une chose pareille ? Après ce qui s'est passé avec toi hier elle a peut-être voulu se venger !
 - Alors pourquoi s'en est-elle prise à Théo ?
 -Je... je ne sais pas.
 -Tu me diras dans le noir elle aurait pu se tromper de lit.
 -Ah tu vois !
 -C'est vrai qu'elle fait une bonne coupable, mais quand même !
 -Ca te dit qu'on mène l'enquête ?
 -D'accord, je ne serai pas tranquille tant qu'on n'aura pas retrouvé Théo... et l'auteur de son enlèvement.
Ils rejoignirent les autres dont la rumeur des conversations ne s'était pas calmée. Nous allions vers Justine.
- Alors, ils n'ont rien retrouvé ?
- Non, répondit-elle, cette fois ils sont quasiment sûrs qu'il n'est plus dans le lycée.
Je regardais les élèves externes qui, un par un, quittaient le lycée pour rentrer chez eux. Julien me regarda et lança :
- Vas-y. Les externes peuvent rentrer chez eux.
- Non je veux rester ici, avec vous. Au cas où il y aurait du nouveau, ou si on peut aider dans les recherches.
- Tu sais, je crois qu'on ne pourra pas faire grand-chose de plus. Tu peux partir avec Justine, elle est externe aussi je crois.
- Et tu crois qu'on va te laisser là tout seul ? Pas question on reste avec toi !
- Emma, coupa Justine, je crois qu'on pourrait faire des recherches. Si on peut sortir du lycée c'est une occasion non ? On n'est pas obligé de rentrer chez nous.
- Oui... mais... et Julien ?
- Mais t'es vraiment entêtée, s'exclama ce dernier. Si ce n'est que ça, je viens avec vous.
- Ne dis pas de bêtises, tu es demi-pensionnaire, tu n'as pas le droit de sortir du lycée !
- Premièrement, je ne suis pas demi-pensionnaire mais interne, et deuxièmement, vu l'agitation qui règne en ce moment, je ne pense pas qu'ils se rendront compte de mon absence.
- Bon d'accord allons-y.
Et nous partîmes à la recherche d'indice. Au début, on ne savait pas vraiment où aller, on regardait l'intérieur de chaque voiture qui nous paraissait suspecte, cherchait dans les moindres recoins, explorait tous les squats et les coins les plus planqués de la ville. Nous demandions même à quelques passants s'ils n'avaient pas aperçu Théo. Dans un endroit sale et délabré, nous tombions même sur une bande de jeunes un peu bizarres, dont l'un d'entre eux se retourna lorsque Justine marcha sur une branche qui craqua sous son poids.
- Qui est là ?
Nous nous mîmes alors à courir, ne pensant plus qu'à mettre le plus de distance possible entre eux et nous.
- On arrête les recherches ! annonça Julien. C'est trop risqué ! Je crois que pour la discrétion on est pas très doués. En plus il est midi, vous devriez rentrer chez vous !
- Oui et toi tu devrais déjà être au lycée. On n'était pas censé partir aussi longtemps, ajoutais-je. Je ne sais pas s'il y a cours cet après-midi mais de toute façon je reviens pour connaître les nouvelles.
- Moi aussi, renchérit Justine.
Sur le chemin du retour, nous étions tous les trois très silencieux, et Julien annonça :
- Et bien vous n'êtes pas trop bavardes les filles ! Ca va Emma, tu as l'air bizarre ?
- C'est juste que... tu m'as dit tu étais interne... et je me demandais où tu habitais.
- Ah ! Ne t'inquiète pas, si ce n'est que ça. Un patelin à quarante kilomètres environ.
- Ah ok ben ça va alors c'est pas trop loin.
- Pas trop loin ? Tu rigoles ?
- Oui bon d'accord, c'est un peu loin.
Justine fut la première à se rendre compte de l'absurdité de mes dernières paroles, et éclata d'un rire non retenu. Julien suivit et moi aussi en pensant à quel point ce que je venais de dire était idiot ! Ca aurait pu être de l'ironie, mais en réalité je le pensais vraiment.
Ma mère remarqua les voitures de police en venant me chercher à midi et se fit un sang d'encre car j'avais cinq minutes de retard. Je lui expliquai la situation, elle fut un peu rassurée que ça ne me concerne pas, mais en même temps un peu anxieuse qu'un kidnapping ait eu lieu dans mon propre lycée.
Je pris à peine le temps de manger, j'étais de retour au lycée vingt minutes plus tard. Il n'y avait plus qu'une voiture de police. Toutes les autres étaient parties, sûrement pour les recherches.
Les élèves externes n'étaient pas encore revenus et la plupart ne reviendraient pas, car il y avait peu de chance que les cours aient lieu cet après-midi.
Je savais que Justine n'était pas encore arrivée, mais je cherchais Julien. Je m'attendais à ce qu'il soit dans le hall à m'attendre, mais il n'y était pas. Il n'avait peut-être pas fini de manger, mais je n'avais pas le droit de descendre au self, vu que je n'y mangeais pas, donc je tentais ma chance en allant voir s'il n'était pas au premier étage, dans son coin habituel à écouter de la musique.
En effet, il était là, mais ne leva pas la tête lorsque je m'assis vers lui.
- Alors ? Ils l'ont retrouvé ?
Il fit non de la tête. Je me rendis compte qu'il pleurait.
- Tu... tu pleures ?
Je ne comprenais pas que soudain il soit si attristé pour Théo. D'accord, déjà ce matin ça avait l'air de le tracasser, mais pas à ce point.
- Ne t'inquiète pas, ils le retrouveront... je te le promet.
- Ce n'est pas ça... murmura-t-il.
- Alors quoi ?
- J'ai été renvoyé. Mes parents arrivent. Ils vont venir me chercher.







Qu'avez-vous pensé de ce deuxième chapitre ?
Y a un peu plus d'action en tout cas et ce n'est que le début !
Je demande vingt com's pour la suite =)









# Posté le mercredi 30 septembre 2009 10:18

Modifié le samedi 07 novembre 2009 08:05

Chapitre 3 : Révélations [...] Je ne suis pas vraiment un garçon comme les autres [...]

 Chapitre 3 :  Révélations  [...] Je ne suis pas vraiment un garçon comme les autres [...]
Cette effroyable nouvelle me foudroya, j'eus l'impression d'avoir reçu un coup de massue sur la tête.
- Mais ... c'est impossible ! Ils ne peuvent pas faire ça !
- Oh si ! Ils peuvent !
- Pourquoi te renvoient-ils ?
- Ils se sont rendus compte de mon absence ce matin. Je crois qu'ils voulaient m'interroger, étant donné que je suis le seul témoin à avoir vu la personne qui a emmené Théo. Mais ils ne m'ont pas trouvé. Ils pensaient que j'avais à nouveau disparu, mais certains élèves nous avaient vus sortir du lycée. J'ai été plutôt mal accueilli lorsque je suis rentré à midi.
- Attends ! Je vais leur dire que c'est ma faute, que c'est moi qui t'ai incité à venir !
- Pas la peine, je suis déjà renvoyé de toute façon, j'ai déjà eu un entretien avec le directeur. Il a pris sa décision et mes parents sont déjà en route pour venir me chercher.
En effet, il n'y avait plus rien à faire, tout était perdu. Nous descendions dans le hall, pour attendre la venue de ses parents.
En arrivant vers leur fils, ils ne lui firent aucune réprimande, et ne lui adressèrent pas la parole, mais leur regard de reproche voulait tout dire. C'était même pire que des paroles, que de lire la déception dans leurs yeux. Je plaignais Julien, il devait se sentir horriblement coupable.
Le directeur les attendait devant la porte de son bureau, il leur fit signe d'entrer.
Je m'assis par terre dans le couloir désert, attendant que la porte s'ouvre à nouveau. Je ne savais même pas ce que j'attendais, puisque la décision était déjà prise. Il ne nous restait plus qu'à faire nos adieux. Je n'arrivais pas vraiment à réaliser. Une larme coula sur ma joue, j'enfouis ma tête entre mes genoux, quand je sentis une main se poser sur mon épaule. Je relevai la tête, c'était Justine.
- Emma... que se passe-t-il ? Où est Julien ?
Je lui racontai toute l'histoire depuis le début, et j'ajoutais encore une couche en annonçant que Théo n'avait toujours pas été retrouvé. Que de bonnes nouvelles !
Il se passa encore un quart d'heure avant que Julien ne ressorte du bureau, accompagné de ses parents, qui serraient la main au directeur en guise d'au revoir.
- ... suis vraiment désolé. Mais pour votre fils la décision est prise je ne peux pas revenir dessus. Au revoir, madame, monsieur.
Julien vint nous rejoindre mais ne s'assit pas. Lui et ses parents partaient tout de suite. Justine et moi nous levions, toutes les deux en pleurs. Lui ne pleurait plus, il me fixait dans les yeux, comme au premier jour, lorsque je l'avais rencontré. Mes larmes redoublèrent lorsque je songeais que je ne le verrais peut-être plus jamais. Ce regard, serait le dernier que je verrais de ma vie.
C'est étrange, mais je crus le voir sourire l'espace d'un instant, ce qui était totalement inapproprié vu la situation. En voyant mon chagrin, il me serra dans ses bras, avant de suivre ses parents, qui étaient déjà partis plusieurs mètres devant, sans attendre leur fils.

Le lundi suivant, Théo était toujours introuvable. La nouvelle n'était plus seulement un sujet de discussion dans le lycée, mais dans toute la ville et même ailleurs, car on en avait parlé à la télé, aux infos.
Ils essayaient d'augmenter au maximum les chances de retrouver Théo vivant. Mais plus les jours passaient, plus les espoirs diminuaient.
En revanche, ce n'était pas ce qui me tracassait le plus. Je me sentais un peu coupable de ne pas plus m'intéresser au sort de ce pauvre Théo, mais c'était plus fort que moi. Je ne pensais qu'à Julien, il me manquait et même Justine ne trouvait pas les mots pour me consoler. Sa présence ne suffisait pas à combler le vide qu'il y avait en moi. A la longue, elle semblait irritée par mon absence de bonne humeur. Elle me disait qu'il fallait l'oublier. Pourtant c'était impossible. Je me sentais seule, une fois de plus, même si je ne l'étais pas.
Après avoir longuement réfléchi, je décidai de continuer à aller à la chorale. Bien entendu, seule, ce serait beaucoup moins passionnant.
Lorsque j'entrais dans la salle de musique, j'essayais de ne pas me rappeler les souvenirs avec lui ici, ça aurait été trop douloureux. La place derrière le piano était de nouveau vide, je sentis mon c½ur se serrer. La prof semblait chercher quelque chose elle regardait de tous les côtés de la salle, d'un air surpris.
- Quelqu'un sait où est Julien ? Il faut qu'il répète son solo.
- Il a été renvoyé Madame, répondis-je en soupirant.
On aurait dit qu'elle aussi venait de recevoir un coup de massue sur la tête.
- Mais c'est impossible, on a besoin de lui pour le spectacle ! C'est un des meilleurs solistes, il a une voix en or. La chorale sans lui ne serait plus rien.
- Mais madame, on y peut rien.
- Je le sais... mais je ne suis pas d'accord ! Je ne laisserai pas faire ça. Mais le directeur ne m'écoutera jamais, pour lui l'avis d'une seule personne ne compte pas, même si c'est un professeur.
- Madame, ajoutais-je, je ne suis pas d'accord, ce n'est pas l'avis d'une seule personne, mais de deux, car moi aussi je veux qu'il revienne.
- Moi aussi dit un garçon derrière moi.
- Pareil..
- Totalement d'accord.
- On se battra pour qu'il revienne.
La première idée fut de tous aller chez le directeur à l'instant même et de se révolter pour le faire céder et faire revenir Julien, mais la prof jugea préférable et moins brutal de créer une pétition que tous signeraient.
Il n'y eut pas une seul élève de la chorale qui ne signa pas. L'après-midi, la pétition fit le tour du lycée, de classe en classe. Un bon nombre d'élève signa, et même quelques professeurs.

Mais on ne dérangeait pas le directeur pour rien, et une secrétaire se chargea de lui remettre la pétition. Plusieurs jours passèrent et il n'y eut aucune nouvelle. La prof se renseigna, malgré la pétition, le directeur ne sembla pas décidé à revenir sur sa décision. Nous avions essayé... mais ça n'avait servi à rien.
Cependant la prof de musique ne voulait pas en rester là. Il ne nous restait plus qu'une chance et on ne risquait rien d'essayer. Elle voulut prendre rendez-vous avec le directeur pour lui en parler directement, mais la secrétaire annonça que son planning était complet pendant minimum quinze jours. La prof refusa d'attendre autant et resta derrière la porte du bureau en attendant qu'il sorte. Elle ne pouvait pas le louper. Tous les élèves de la chorale restèrent avec elle, solidaires, et avides de connaître la délibération après la discussion, s'il y en avait une.
Environ trois quarts d'heure après la dernière sonnerie qui avait annoncé la fin des cours, la porte s'ouvrit enfin, laissant découvrir le directeur qui faisait signe à un élève de sortir. Mon c½ur fit un bond lorsque je le reconnus. Julien était bien là, devant moi, un grand sourire aux lèvres. Je ne pus me retenir de lui sauter dans les bras.
- Co... comment ... as-tu ...sanglotais-je
- C'est fini je suis de retour. Le directeur a réétudié mon dossier et a jugé qu'il avait été un peu trop dur avec moi. Il a appelé chez moi ce matin pour me demander de revenir.
- C'est la pétition qui l'a fait changé d'avis ! C'est nous qui...
- Une pétition ? Non ça n'a rien à voir.
- Comment peux-tu en être sur ? Ca peut très bien être du à cela.
- Peut-être, en tout cas le dirlo ne m'a rien dit à ce propos.
D'ailleurs ce dernier regardait d'un air ébahi, la bouche grande ouverte, le groupe qui attendait derrière la porte de son bureau.
- Que se passe-t-il donc ? Tout ce monde veut me voir ?
-Oui c'est à propos de Julien, je voulais vous parler personnellement de son cas, annonça la prof de musique.
- Ce n'était pas la peine de vous donner tout ce mal, comme vous le voyez il est déjà de retour. J'ai réfléchi et j'ai jugé qu'il ne méritait pas une telle punition pour si peu.
- Et c'est une sage décision Mr le Directeur !

J'étais tellement heureuse que l'histoire de Théo me sortit totalement de la tête. En fait, quasiment plus personne n'en parlait au lycée.
A chaque fin de cours, désormais, Julien m'attendait dans le couloir. Autant, je ne cachais pas mon bonheur de l'avoir retrouvé, autant lui, semblait soucieux.
Je me disais que la vie à l'internat ne devait pas être facile tous les jours, surtout qu'il n'avait pas d'autres amis. J'avais pitié pour lui, mais je ne pouvais rien faire. J'aurais tellement voulu pouvoir l'aider.
Un jour, je sortis de cours de SVT, tandis que Justine était toujours dans la salle à ranger ses affaires. Julien était déjà là, il m'accueillit avec un sourire, qui, je le vis immédiatement, ne paraissait pas naturel, même forcé.
- Il faut que je te parle, lança-t-il.
- Emma, Julien ! J'ai cru que vous ne m'aviez pas attendu ! On va au CDI ?
- Attends Justine, deux minutes. Tu voulais me dire quelque chose Julien ?
- Non rien ce n'est pas important...
J'étais pourtant convaincue que c'était très important pour lui de me le dire, mais pas en présence de Justine.
Il semblait frustré d'avoir été coupé juste au moment où il voulait me dire quelque chose. Quand à moi, je voulais savoir ce que c'était.
Je ne voulais pas à Justine, elle n'avait pas cru faire mal mais je ne pus m'empêcher d'être un peu plus sèche que d'habitude avec elle jusqu'à la fin de la journée.
Le lendemain, qui était le dernier jour de la semaine, j'essayais de trouver un moment pour parler seule avec Julien, mais Justine ne nous décollait pas d'une semelle.
Heureusement, le hasard fait bien les choses. Le lundi suivant, à la chorale, je trouvais Julien encore plus bizarre que d'habitude. Il fermait les yeux et semblait réfléchir, puis la prof annonça que la chorale finirait dix minutes plus tôt exceptionnellement. Cette nouvelle sembla le ravir, alors que d'habitude il adorait la chorale.
Il était en fait satisfait de trouver une occasion pour me parler seul à seul. J'avais très bien compris son plan, et il n'eut même pas besoin de me dire de rester dans la salle africaine un moment avant de remonter dans le hall. J'avais deviné son intention de me parler, alors qu'il ne m'avait encore rien dit. Lorsque tous les élèves de la chorale et la prof furent partis, il annonça :
 -Il faut que je t'avoue quelque chose.
 -Vas-y je t'écoute.
 -Je ne suis pas vraiment un garçon comme les autres.
 -Ça c'est sur ! Tu es exceptionnel !
 -Merci mais ... ça n'a rien à voir. Tu vas me prendre pour un taré, mais j'ai un pouvoir, une force que j'utilise pour contrôler les gens.
Je le regardais d'un air interrogateur. Je ne pouvais le croire.
 -J'ai du mal à y croire, mais admettons que ce soit vrai, il n'y a rien de mal, au contraire ça peut t'aider à résoudre plus facilement certains problèmes, ça peut être très utile.
 -Mais il y a autre chose, qui me dérange, et que je n'arrive pas à comprendre. Ne m'en veut pas, mais l'autre fois, lorsqu'en sortant de cours, Maxime t'a demandé l'heure, j'ai essayé de te faire dire quelque chose de méchant pour qu'il ait la honte, mais ça n'a pas marché. Mon pouvoir n'est pas fiable à cent pour cent, mais de là à ne pas fonctionner du tout, ça ne m'était jamais arrivé. J'ai l'impression qu'il n'a aucun effet sur toi.
 -Et tu t'en sers souvent ? De ce pouvoir.
 Quand j'en ai vraiment besoin, oui. Tu ne trouves pas étonnant, que le directeur ait soudain changé d'avis et décidé de me faire revenir. Quand je suis sorti de son bureau avec mes parents, je savais déjà que j'allais revenir, même s'il a fallut plusieurs jours avant qu'il revienne sur sa décision. Je dois t'avouer que j'ai aussi usé de mon pouvoir sur Charlotte. Elle n'a jamais voulu sortir avec moi, et moi non plus. J'espérais te rendre jalouse, mais mon plan a échoué, car mon pouvoir n'a pas été assez fort, contre sa haine envers moi, et elle a fini par se rendre compte de quelque chose et a pris peur. J'ai été un idiot.
 -J'avoue que c'est un peu idiot de sortir avec Charlotte juste pour me rendre jalouse. J'aurais jamais pu faire une chose pareille !
 - Alors tu ne m'en veux pas ?
 - Bien sur que non.
Il y eut un instant de silence, puis j'ajoutai.
 -Dis, tu ne penses pas que ton pouvoir pourrait nous servir pour retrouver Théo ?
 -C'est quoi ton plan ?
 -Je ne sais pas moi, si tu pouvais contrôler sa kidnappeuse pour qu'elle le ramène sain et sauf au lycée. Simple mais efficace.
 -Justement ce ne sera pas efficace et pas du tout aussi simple. Je ne peux contrôler les gens seulement s'ils sont dans mon champ de vision. Ça limite un peu !
 - Oui, en effet.
La sonnerie retentit. Je fis remarquer que c'était bien tombé que la répétition de chorale se soit terminée plus tôt, que ça nous avait permis de parler. Il m'avoua que ce n'était pas un hasard, si la prof avait écourté la chorale. Il avait fait en sorte que ça arrive.

Je retrouvais Justine en cours, mais ne lui dit rien de ce que je venais d'apprendre. Julien n'avait jamais voulu m'en parler devant elle, il avait sûrement ses raisons et je ne trahirais pas son secret!
Je ne sais pas si c'était l'incroyable nouvelle que je venais d'apprendre ou la surcharge de travail qui en était la cause, mais j'étais extrêmement fatiguée ce soir-là. Et dire que nous n'étions que lundi.
Enfin, heureusement, les vacances de Noël approchaient. Il était temps ! Mais le peu de raisons qui auraient pu réussir à me rendre un peu plus joyeuse furent vite dissipée. Car Noël signifiait également l'arrivée du bulletin du premier trimestre, qui n'était pas si bon que je l'avais espéré.
Je m'éveillai en sursaut. En voyant la lumière du jour, je me demandais si mon réveil n'avait pas sonné, avant de me rendre compte que j'étais habillée et qu'il était dix huit heures trente. Ma mère venait de rentrer du travail et visiblement elle venait de relever le courrier.
- Peux-tu m'expliquer ce que c'est que ce bulletin médiocre ?
- Je pourrais... mais je pense que tu n'aurais pas la patiente de m'écouter.
- Et tu te fiches de moi en plus. Non mais ce n'est pas vrai ? Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? Je devrais t'envoyer interne ça te ferait les pieds !
Je me retins de sourire, mais ce fut raté. En ce moment mon plus grand souhait était de devenir interne, pour être avec Julien.
- Ca te fait rire ? Tu ne vas pas encore sourire longtemps.
Ce n'était pas la première fois que ma mère me menaçait de m'envoyer en internat. Mais à chaque fois c'était des menaces en l'air. Je ne voulais pas que ça se reproduise.
- Si je souris c'est parce que je pense que c'est une très bonne idée que tu viens d'avoir.
- Tu dis ça pour l'instant mais au bout d'une semaine tu pleureras pour rentrer à la maison, je te connais.
- Pas tant que tu crois...
- Ok, tu as gagné, je vais téléphoner à un lycée qui a la réputation de savoir redresser les élèves qui ne travaillent pas assez, pour savoir s'ils peuvent te prendre après les vacances de Noël.
C'est là que je me rendis compte de mon erreur. Ce n'était pas à l'internat de mon lycée que j'allais... Il fallait trouver un plan. Vite !
- Cool ! m'exclamais-je. Je serai encore plus loin de la maison. J'aurais enfin la paix.
- Tu vas vite changer d'avis.
Mince, ça ne fonctionnait pas.
- Non je ne pense pas. Je ne rentrerai peut-être pas tous les week-ends tant qu'à faire. On a le droit de rester à l'internat je crois.
- Quoi ? P... pourquoi ?
- Parce que j'en ai envie. Il y a cinq minutes ça n'avait pas l'air de te déranger que je parte loin, alors deux jours de plus ou de moins. Je ne pense pas que je te manquerai.
Elle reposa le combiné du téléphone. Ouf !
- Bon, je crois que je vais réfléchir, annonça-t-elle.
- Quoi ? Ma punition est levée ?
- Non ! Bien entendu. Mais il serait préférable que tu restes dans le même lycée.
- Oh... dommage. Mais bon c'est toi qui vois et puis au moins je ne serai pas trop dépaysée.
Je me surprenais. Je ne me croyais pas capable de jouer aussi bien la comédie.

Le lendemain était la veille des vacances de Noël, si bien que peu de cours se déroulaient normalement soit grâce la compréhension des profs qui nous épargnaient du travail, soit au manque de motivations des élèves qui ne cessaient de perturber le cours en chantant des cantiques de Noël, les trois quarts vêtus de bonnets rouges à pompon ou avec des lumières clignotantes tel un gyrophare. De plus, le lycée était maintenant recouvert d'une épaisse couverture blanche et les lycéens regardaient de loin les collégiens qui s'amusaient dans la neige. Tous autant que nous étions regrettions de ne pas pouvoir rajeunir de quelques années pour se joindre à eux.
A la récréation, Julien nous attendait devant notre salle de cours comme à son habitude, mais il semblait très anxieux et était essoufflé comme s'il avait couru.
 -Julien ? Ça ne va pas ? demanda Justine.
J'étais trop préoccupée pour voir qu'il y avait quelque chose d'anormal. J'étais sur le point d'annoncer à Julien et Justine que j'allais être interne.
 -Je sais pas... il s'est passé un truc de bizarre en cours, reprit Julien. J'ai eu l'impression de voir l'armoire bouger toute seule.
 -Tu as sûrement rêvé... fit remarquer Justine.
 -Peut-être mais ce qui est étrange, c'est que c'était justement l'armoire où j'étais resté coincé et donc...celle par où la kidnappeuse de Théo s'est peut-être échappé, finit-il.
 - Ecoutez deux secondes ! coupais-je. Ma mère a reçu mon bulletin. Dès la rentré je serai interne.
 -Quoi ? A quel internat ? demanda Justine, affolée.
 -Je ne change pas de lycée calme toi !
 -Ouf j'ai eu peur.
Un large sourire apparut sur le visage de Julien qui ajouta :
- C'est super en plus de passer nos journées ensemble on passera aussi nos soirées.
- Ca va être génial !
- Oui... enfin désolé de changer de sujet, mais par rapport à l'armoire...
- Oh ! On va aller vérifier si tu y tiens tans que ça, soupirais-je.
De toute façon, on n'avait rien à perdre. Je le suivis donc, ainsi que Justine, jusqu'à la fameuse salle.
Nous entrâmes discrètement, la voie était libre. Julien ouvra délicatement la porte de l'armoire. Elle était vide, il rentra dedans.
 - Fais attention de ne pas te faire enfermer encore une fois, plaisanta Justine.
 - Je regarde s'il y a une trappe ou quelque chose dans le genre.
Mais après avoir tout fouillé l'intérieur de l'armoire, l'avoir déplacé pour voir s'il n'y avait rien derrière ou en dessous, il fallut se rendre à l'évidence. Il n'y avait pas de trappe.
La journée fut un peu triste malgré l'ambiance de Noël car on devrait se quitter pour deux semaines. Justine me manquerait c'est certain mais pas autant que Julien.
Passer les fêtes sans lui me paraissait tout de suite moins attrayant. Enfin, à la rentrée, mon arrivée à l'internat nous permettrait de passer beaucoup plus de temps ensemble. J'essayais d'y penser pour me consoler.
Ce qui m'énervait le plus ; c'était que Julien n'habitait pas tout près et que par conséquent je ne pourrais pas le voir des vacances. Heureusement, Justine , elle, n'était pas loin, donc elle je pourrais au moins la voir de temps en temps.
La veille de Noël, elle m'envoya un message pour savoir si je voulais aller au cinéma avec elle. Vu que je m'ennuyais comme un rat mort, j'acceptai avec plaisir.
Arrivée sur place, je commençais à regretter. L'entrée du cinéma était bondée la veille de Noël. Si Justine ne se dépêchait pas nous n'aurions même pas de places...
Tans pis, je commençai à faire la queue sans elle, elle me rejoindrait. Je fus agacée car quelqu'un était en train de doubler tout le monde, s'attirant de nombreux reproches de la foule qui attendait patiemment son tour. En tout cas, moi je ne me laisserais pas faire, si on venait à essayer de me doubler.
Mais le « doubleur » s'arrêta juste derrière moi. Un coup de chance ? C'était rare qu'une telle chose m'arrive.
Brusquement je sentis une main se poser sur mon épaule et me retournai d'un seul coup. Je fus surprise car je m'étais attendue à voir Justine, mais devant moi se tenait :
- Julien ! Mais que fais-tu ici ?
- Oh je suis simplement venu te souhaiter un joyeux Noël.
- Ne me dis pas que tu es venu exprès pour...
- Mais non je rigolais. Je suis venu pour aller au cinéma avec toi.
- Quoi ? Mais comment savais-tu ? Et Justine ?
- Justine était un prétexte pour te faire venir tout en gardant la surprise. Elle n'a jamais eu l'intention de venir.
- Oh Julien je suis tellement heureuse ! C'est le meilleur Noël de ma vie !
Après s'être enfin libérés de la file d'attente pour les tickets, Julien repartit dans celle du stand de pop corn.
- On n'est pas obligé de prendre du pop-corn, fis-je remarquer. Tu as vu l'attente qu'il y a ?
- Oh allez j'ai faim moi !
Je me contentais de soupirer et de l'attendre en dehors de la foule qui commençait à m'étouffer.
Lorsque je le vis enfin immerger de la masse de gens, il tenait à la main un seau gigantesque rempli de pop corn. Il y en avait au moins pour six personnes là-dedans !
- Tu es fou, on ne pourra jamais manger tout ça !
- Tu ne me connais pas. Et puis je n'ai pas attendu tout ce temps pour rien. Tant qu'à faire, autant en prendre un maximum.
Pendant la séance, je ne cessais de piocher dans le seau en même temps que lui, faisant mine de ne pas l'avoir fait exprès. A chaque fois, je sentais le contact avec sa peau si douce.
Vers les trois quarts du film, je sentis que je touchais le fond du seau. Il n'avait pas menti en disant qu'il avait un très gros appétit. Je l'avais peut-être un peu aidé, mais si peu que ça n'avait sûrement pas servi à grand-chose.
Je n'avais plus d'excuse maintenant pour que nos mains se frôlent. Ne sachant plus quoi en faire, je la posai sur l'accoudoir de mon siège. Il m'imita et nos mains se frôlèrent à nouveau. Je le sentis frémir. Il la retira de quelques centimètres, je rapprochai la mienne. Cette fois-ci il ne s'esquiva pas. Il posa enfin la sienne sur la mienne et aucun de nous ne bougea jusqu'à la fin du film.
Lorsque les lumières se rallumèrent, il arborait un grand sourire et ajouta :
- Au fait. Joyeux Noël.
- Merci, toi aussi. Mais tu ne me l'avais pas déjà souhaité en arrivant ?
- Si, mais après ce silence qui s'est établit entre nous deux pendant plus de deux heures, je ne savais pas quoi dire pour le briser.
- Ah ok je comprends mieux, m'esclaffais-je.
Nous quittions la chaleur étouffante de la salle de cinéma pour aller retrouver l'air glacial de dehors. Malgré mon manteau, je ne cessais de grelotter. Je m'assis sur un banc devant l'entrée du cinéma, complètement transie. Julien fit de même et se colla contre moi pour me réchauffer.
- Fait pas chaud, dis donc, annonça-t-il.
- On est au m...mois de d...décembre je t...te rap...pelle.
- C'est vrai... vivement le printemps !
- L'été c'est encore mieux ! Les vacances, la plage, le soleil, les palmiers...
- Ouais mais je préfère le printemps, moi.
- Pourquoi ça ? le questionnais-je.
- C'est la saison des amours.
Sur ce, il pencha son visage et le rapprocha tout doucement du mien. Son souffle paraissait si chaud, bouillant même. Je fermais les yeux pour mieux profiter de cet instant.
Soudain un rire sonore et familier éclata et Julien redressa la tête. Charlotte était cachée derrière un poteau, écroulée de rire avec sa bande de copines, qui avaient toutes les yeux fixés sur nous.
- Cette bande d'idiotes ! Cracha Julien. Même en dehors du lycée, elles ne peuvent pas nous laisser tranquilles.
Je soupirai. Dire que j'avais été si près du but. Le meilleur Noël de ma vie aurait pu être encore mieux que je ne l'avais imaginé, si seulement ces andouilles n'avaient pas tout gâché.
Le reste des vacances passa et la veille de la rentrée, je préparai ma grosse valise avec encore plus d'enthousiasme que lorsque je partais en vacances à la mer.
Je pris particulièrement de plaisir à choisir mes plus belles tenues, et d'emmener un maximum de choses, avant de me rappeler que je ne partais que pour une semaine. Même pas, cinq jours !
Ma mère, quand à elle, semblait dix fois plus anxieuse que moi et semblait avoir des remords et avait peur d'avoir pris une mauvaise décision. Je faisais tout pour lui certifier le contraire.






Alors ça vous a plu ?
Pas mal de révélation, enfin surtout sur Julien
Pensez-vous qu'ils vont retrouver Théo ?
Et perceront-ils le secret de l'armoire mystérieuse ?
La suite dans 25 com's !


# Posté le vendredi 02 octobre 2009 12:47

Modifié le samedi 07 novembre 2009 08:07

Chapitre 4 : vivre au lycée[...] sans comprendre ce qui m'arrivait, je me sentis aspirée par les ténèbres [...]

Chapitre 4 : vivre au lycée[...] sans comprendre ce qui m'arrivait, je me sentis aspirée par les ténèbres [...]

J'arrivai un peu plus tôt au lycée, le lundi matin. Toutes les chambres de l'internat des filles étaient déjà prises et je fus conduit dans une chambre avec un seul lit, assez grand.
Visiblement, aucun élève n'avait jamais dormi dans cette chambre. Peut-être avait-elle servi autrefois à un professeur qui restait dormir au lycée car il habitait trop loin pour rentrer chez lui tous les soirs.
Je posais mes bagages sans les défaire. J'aurais le temps de faire ça ce soir. Je redescendis dans le hall, Julien m'attendait déjà. Je le rassurais en lui annonçant que j'étais bien installée, et seule en plus.
 -Y en a qui ont de la chance. Moi je dois supporter trois autres garçons dans la même chambre que moi. En plus ils sont idiots.
 -Ben c'est des garçons quoi !
Vexé, il essaya de m'attraper mais je fus trop rapide et j'esquivais son geste. Je me mis à courir et il me poursuivit. On aurait dit des gamins de maternelle en train de jouer. Les couloirs étaient déserts, nous avions le lycée à nous tous seuls il fallait en profiter !
Mais au fond d'un couloir sombre, la femme de ménage surgit d'une salle de classe vide et nous regarda avec colère. C'était une vieille femme râleuse et toujours en train de regarder les élèves comme si c'était de sales gosses qui passaient leur temps à salir les couloirs pour réduire à néant son travail.
 -Qu'est-ce que vous fichez ici ? C'est interdit de courir dans les couloirs. En plus vous êtes en train de tout salir avec vos godasses boueuses !
- Excusez-moi, chère Madame, annonça Julien, mais je vous ferai remarquer que ce n'est pas notre faute si il pleut dehors et que nos chaussures sont sales. Je ne pense pas non plus que le fait de courir au lieu de marcher salira plus les couloirs. Enfin, je vous rappelle que vous n'avez pas l'autorité nécessaire pour nous dire ce que nous avons le droit de faire ou pas.
Il fit demi-tour et m'attrapa par le bras, laissant la femme de ménage, ébahie, la bouche grande ouverte, impuissante.
A peine avions nous quitté le couloir, que nous nous arrêtions et partions dans un fou rire pas possible, à se tordre le ventre.
Nous dûmes nous calmer un peu car les élèves commençaient à arriver. Nous allâmes au premier étage pour être plus tranquille. Le fou rire était passé mais nous étions encore de bonne humeur.


Je fus heureuse de me rappeler, lorsque la cloche sonna à midi, que je ne rentrais pas chez moi. J'allais manger au self avec lui. Je n'allais pas le laisser tout seul, je ne l'abandonnerais pas pour une fois.
La queue était tellement longue qu'elle sortait du self et s'allongeait jusque dans le hall. Je m'en fichais, j'étais serrée au milieu des élèves... et contre lui.
Le soir, le self paraissait étrangement vide. Il n'y avait que les internes, qui étaient très peu nombreux surtout au lycée. En revanche, la qualité de la nourriture était meilleure que le midi. La cuisine était sûrement mieux préparée, les élèves étant moins nombreux il y avait donc moins de quantité de nourriture à préparer.
Après le repas, nous avions la soirée de libre. Mais nous n'avions pas le droit de sortir de lycée. Ce n'était pas bien grave, nous avions le lycée presque pour nous tous seuls. Julien alla chercher sa guitare à l'internat et nous nous installâmes dans un couloir désert. Il commença à en jouer, j'écoutais... c'était tellement agréable. Je me rendis compte à quel point je l'aimais. J'étais heureuse et triste à la fois.
Le couvre-feu m'arracha à ce moment de bonheur total. Je me consolai en pensant que ce soir n'était que le premier d'une longue série.
On se sépara, rejoignant chacun notre internat. Ma valise était à la même place, je l'ouvris et commençait à ranger deux ou trois vêtements dans le placard. Je choisis une tenue et préparait mes affaires pour les cours du lendemain, puis m'étendis sur mon lit. Il me paraissait trop grand pour moi toute seule, je n'étais pas habituée.
Mon coeur fit un bond lorsque je fus réveillée par un bruit familier. La sonnerie. Je mis un moment avant de me rendre compte que j'étais au lycée. Je paniquai en me rappelant que j'avais oublié de mettre mon réveil... et que la sonnerie annonçait le début du premier cours.
Pourtant je regardais ma montre que j'avais oublié de retirer pour dormir. Il n'était que sept heures. La sonnerie devait faire office de réveil. Ce n'était pas une mauvaise idée d'ailleurs.
J'enfilais mes fringues me donnait un coup de brosse, un coup de crayon noir sous les yeux et je sortis dans le couloir. Il n'y avait personne. A en juger par les murmures qu'on entendait dans les chambres voisines, les filles des autres chambres n'avaient pas été aussi rapides que moi à se préparer.
Lorsque j'arrivais dans le hall, Julien descendait du premier étage. Nous descendîmes au self pour prendre notre petit-déjeuner. Les seules personnes déjà présentes étaient tous des garçons.
C'était ça la grande différence entre les filles et les garçons. Ces premières ne pensaient qu'à leur apparence et passaient minimum une demi-heure à la salle de bain tous les matins, alors que les garçons, eux, étaient plutôt guidés par leur estomac.
Les jours se suivaient et se ressemblaient. Malgré tout j'aimais bien ma nouvelle vie.
Les mois s'écoulaient trop vite à mon goût et je cherchais à ralentir le temps, mais c'était aussi inutile et difficile que d'essayer de rattraper de l'eau avec ses mains. Elle passe entre nos doigts sans qu'on puisse l'arrêter de s'écouler.
De la même façon, j'essayais de m'accrocher à chaque jour, chaque heure, chaque seconde, pour l'empêcher de s'enfuir, en vain.
Je n'avais jamais autant détesté le beau temps. Plus les rayons de soleil étaient forts, plus j'avais l'impression de me rapprocher des vacances d'été. J'aurais préféré qu'il pleuve même si je savais bien que ça ne changerait rien à la situation.
Le quotidien monotone fut interrompu par la dissection en SVT de la souris. Je fis équipe avec Justine, mais elle n'osait même pas regarder la souris dont le ventre était fendu, et je dus faire seule toute la manipulation. C'était extrêmement difficile vu la taille de l'animal et le fait que je tremble comme une feuille n'arrangeait rien.
- C'est dégoûtant, s'exclama Justine en sortant du labo de SVT. Ces pauvres petites souris.
- Oui c'est vrai que c'est dur... enfin ça aurait pu être pire, avant ils le faisaient faire sur des souris vivantes. Je n'aurais jamais pu leur faire ça.
- C'est ignoble de faire souffrir les animaux ! Ce sont des êtres vivants comme les humains !
- Oui et parfois il y a même des ressemblances frappantes, dit une voix grave derrière nous.
- Julien ! m'exclamais-je, tu m'as fait peur.
- Désolé, je vois que vous étiez en plein débat sur la condition des animaux. C'était si terrible la dissection ?
- C'était vraiment... commença Justine.
- Pouah ! C'est quoi cette odeur ? coupa Julien. Ca vient du labo.
- Je dirais odeur de cadavres de souris éventrées en décomposition, affirmais-je d'un ton égal.
- Ouais ben je crois qu'on va s'éloigner un peu.

Un jour, en plein cours de maths, j'étais perdue dans mes pensées quand mon regard fut attiré par une chose étrange. Il m'avait semblé avoir vu quelque chose bouger. Je me rendis compte alors que j'étais dans la salle où il y avait la fameuse armoire. Je n'avais plus pensé à cette histoire depuis des mois. Il n'y avait plus beaucoup de chance de retrouver Théo vivant après autant de temps.
Il était certain qu'il avait été enlevé, mais je me demandais si comme Julien le certifiait, son kidnappeur s'était enfui par l'armoire. J'avais trouvé cela ridicule jusqu'à ce que je vois l'armoire trembler légèrement. Je fus cependant la seule à le remarquer. Etais-je sujet à des hallucinations ?
Lorsque je donnai un coup de coude à Justine pour lui demander si elle voyait la même chose que moi, l'armoire avait arrêté de vibrer.
- Quoi ? demanda impatiemment Justine.
- ... Rien c'est pas important.
Sur ce, elle reposa ses yeux sur son cahier. J'avais pensé pendant quelques instants à lui dire ce que j'avais vu -ou cru voir- mais je m'étais rappelé à quel point elle était réticente à croire la théorie de Julien. Nos recherches avaient semblé prouver que l'armoire était tout à fait normale, et elle aurait surement trouvé ça ridicule que je ramène ce sujet après plusieurs mois.
Cependant, à la sortie, je me ruai vers Julien pour lui en parler avant que Justine ne sorte à son tour.
- Ah tu vois ! S'exclama-t-il. Je savais bien que je n'étais pas fou !
- Oui je suis désolée... je te crois maintenant. Il faudra qu'on essaie d'approfondir nos recherches, la dernière fois on n'a pas assez...
- Quelles recherches ? Questionna Justine qui venait de sortir. De quoi vous parlez ?
- Emma a elle aussi vu l'armoire bouger, et on pensait que...
Je le fusillai du regard et il prit conscience de sa gaffe.
- Ah non vous n'allez pas recommencer avec cette histoire idiote ! Vous avez bien vu qu'il n'y avait aucune trappe, aucun passage...
- On n'a pas du assez bien chercher, ajoutai-je. Allons y jeter un petit coup d'½il.


Julien était tellement heureux que je le croie enfin, qu'il fonça directement dans l'armoire, qui n'avait pas plus de trappe que la dernière fois.
La seule chose d'anormal qu'il constata était un petit trou dans la paroi, où il mit son ½il. Mais au lieu de voir l'extérieur de l'armoire, la salle de classe vide hormis Justine et moi, il vit une pièce qui semblait s'étendre à l'infini. Il n'y avait rien, que du vide, tout était blanc, et au fond il distingua une petite silhouette recroquevillée, la tête dans les genoux, qui semblait sangloter. Il voulut appeler Emma et Justine pour leur faire part de sa découverte, mais il se sentit soudain aspiré par le trou, et avant d'avoir pu réaliser quoi que ce soit, il était de l'autre côté de la paroi. Mais lorsqu'il se retourna pour essayer de comprendre comment il avait réussi à passer par un trou aussi petit, il se rendit compte que ni le trou, ni la paroi, ni l'armoire n'étaient encore là. Tout avait disparu, il n'y avait que du vide.

 -Mais où est-il passé ? Il était là il y a deux minutes ! M'exclamais-je.
 -Je ne sais pas... Il était dans l'armoire, et là, plus rien !
 -Il a peut-être trouvé un passage... ou une trappe.
 -Il aurait pu nous prévenir.
Je rentrais à mon tour, il n'y avait aucune trappe. Cependant, j'entendais une voix, lointaine, très lointaine. C'était lui. J'écoutais d'où la voix venait et collait mon oreille contre la paroi.

 -Qu'est-ce que tu fiches ? Me demanda Justine.
 -Tu n'entends pas une voix ?
 -Oh tu vas pas nous jouer ta Jeanne d'Arc.
 -Je te promet... rentre dans l'armoire, tu entendras mieux.
Elle rentra à son tour, nous étions à l'étroit dans la minuscule armoire.
 -Ah oui j'entends maintenant ! On dirait que ça vient de là... de ce trou.
Je la poussais pour regarder dans le trou, et vit deux personnes, mais avant d'avoir pu comprendre qui c'était, je me sentis à mon tour aspirée. Par réflexe, j'attrapais le bras de Justine, qui fut emportée avec moi.
J'eus du mal à comprendre où j'étais. Tout était totalement vide, il n'y avait ni plancher, ni plafond, ni ciel, pas de murs non plus. Rien. Je fus soulagée lorsque j'aperçus Julien, et vit qu'il allait bien. Mais il était accroupi à côté d'une jeune fille qui, elle ne semblait pas aller bien du tout. On aurait dit qu'elle pleurait.
 -Eh... ça va ? Lui murmura Julien.
Il n'eut pas de réponse.
 Que t'arrive-t-il, tu es perdu ? T'en fais pas on est là, c'est fin...
La fille venait de le projeter plusieurs mètres plus loin d'un seul coup de poing. Je courrai pour l'aider à se relever. Il avait l'air un peu sonné, mais n'était pas blessé.
La jeune fille leva la tête, elle avait des yeux qui trahissaient la haine, la peur, le dégoût...
 -Qui êtes-vous ? Murmura-t-elle d'une voix rauque comme si elle n'avait plus parlé depuis bien longtemps.
 -Ne t'en faites pas, nous ne te voulons pas de mal... la rassura Justine. Voilà mes amis Emma et Julien et moi c'est...
 -Julien ? Il peut venir vers moi.
Justine sembla un peu vexée qu'on l'ignora, mais elle ajouta :
 -Oui bien sur.
Julien s'avança, sans comprendre, mais resta un peu à distance, de peur de recevoir d'autres coups.
 -Dis... euh comment t'appelles-tu ?
 -Meggie.
 -Euh Meggie, tu n'aurais pas vu un jeune garçon nommé Théo.
 -Si bien sur... c'est moi qui l'ai amené ici.
 -Quoi ? Mais pourquoi ? Et où est-il maintenant ?
 -Il est mort. Je m'étais trompé, ce n'était pas de lui dont j'avais besoin.
 -Il est...
 -Oui, en arrivant ici, il s'est volatilisé. Les gens normaux ne peuvent pas rester très longtemps ici. Ils disparaissent dans le néant.
 -Et toi, pourquoi tu ne meurs pas ?
 -Je ne suis pas une personne ordinaire, comme vous pouvez le voir j'ai une force surhumaine, j'ai donc été piégée dans ce monde. Il y a maintenant cinquante ans. Je ne vieillis pas quand je reste ici. Le seul moyen de me délivrer est de trouver quelqu'un qui pourra prendre ma place ici. C'est pour ça que j'ai amené Théo ici, mais ce n'était pas la bonne personne je m'étais trompée... Approche-toi, demanda-t-elle à Julien.
Il se retourna, nous interrogeant du regard. Je lui fis signe de ne pas y aller, il y avait quelque chose de louche, cette fille me faisait flipper.
Il s'approcha quand même de quelques pas et remarqua qu'elle portait un gros médaillon autour du cou. On aurait dit un énorme saphir.
 -Il est beau ton collier, lui fit-il remarquer.
Elle esquissa un sourire très satisfait et l'enleva de son cou.
 -Tu veux le voir, approche...
Il ne se méfia pas, j'aurais voulu le rappeler, mais je m'abstenais. Lorsqu'il fut à cinquante centimètres d'elle, elle leva le collier et commença à lui passer autour du cou.
Là, tout devint clair dans mon esprit. Julien n'était pas une personne normale, et Meggie était en train de lui tendre un piège pour être elle-même libérée. C'était lui, qu'elle était venu chercher à l'internat, pas Théo. Je me jetai sur elle pour l'en empêcher, mais il était trop tard. Un petit trou surgit de nulle part et l'aspira comme un tourbillon. Julien, pris au dépourvu par la disparition de Meggie, se tourna vers nous.
 -Julien ! Qu'est-ce que tu as fait ? Maintenant tu vas être prisonnier d'ici !
 -Quoi ? Tu penses que ce collier...
 -Bien sur ! Tu ne réfléchis pas ou quoi ? Elle t'a tendu un piège.
 -Attends, il doit bien y avoir un moyen de sortir. Vous, vous n'êtes pas condamnées à rester ici, alors essayez de retourner au lycée et vous trouverez bien un moyen de me délivrer.
 -Tu as oublié Julien, nous sommes condamnées à mort, comme Théo.
Je regardais Justine et vit avec horreur qu'il lui manquait la moitié du bras droit. Elle était en train de disparaître. Je regardais mes pieds, ils n'étaient plus là non plus. C'était la fin, nous allions disparaître à tout jamais, je lançais un dernier regard à Julien, en espérant qu'il allait s'en sortir, lui. Puis je sombrais.






Enfin de l'action et du fantastique dans ce chapitre !
j'espère que ça vous a plu
si vous etes impatients de connaitre la suite
mettez moi 30 com's sur cet article
et encore merci de votre fidélité !

# Posté le samedi 03 octobre 2009 11:27

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 14:36